Comma pythagoricien

Le comma pythagoricien[1], parfois appelé comma diatonique[2] est l'intervalle existant entre 7 octaves et 12 quintes pures. Il vaut environ 23,46 cents, soit presque un huitième de ton[3]. Cet intervalle apparaît dans la construction de l'accord pythagoricien.
Calcul
Le comma pythagoricien est égal à l'intervalle entre[4] :
L'écart entre 12 quintes et 7 octaves est donc de seulement (129,75-128)/128 = 1,36 %.
Construction
L'existence et la valeur du comma pythagoricien s'expliquent à l'aide des deux tableaux ci-dessous. Le tableau de gauche fournit les rapports de fréquences des sons distants, l'un par rapport au précédent, d'un intervalle de quinte pure (rapport 2/3), suivant la succession des notes du cycle des quintes. Le tableau de droite indique les rapports pour des sons distants d'intervalles d'octaves pures (rapport 1/2). La note la plus basse, Do, est choisie de manière arbitraire, et n'a pas d'influence.
Il convient de signaler qu'on parle ici de quintes « pures » de rapport 2/3 exactement, et non de quintes « justes » (c’est-à-dire ni augmentée ni diminuée).
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L'intervalle entre les deux dernières notes correspond à un rapport de fréquences d'environ 128/129,75 (très précisément : 524288/531441 = 128/129,746337890625 = 1/1,0136432647705078125). C'est cet intervalle qu'on nomme comma pythagoricien, celui entre do et le si♯ obtenu par montées de quintes successives, alors que ces deux notes sont considérées équivalentes en solfège.
Douze quintes pures (2/3) valent 8423,5 cents alors que sept octaves n'en valent que 8400. Dans le tempérament égal, la différence (le comma pythagoricien) est répartie de façon égale entre les douze quintes du cycle : chaque quinte s'écarte alors d'environ -2 cents de la pureté.
Quinte pure : cent.
Utilisation
Dans la pratique on essaie d'accorder les instruments à sons fixes en répartissant le défaut minime que constitue le comma pythagoricien entre plusieurs intervalles, chaque partie devenant moins perceptible. (Il y a eu aussi des tentatives de réaliser des instruments produisant plus de 12 intervalles élémentaires par octave, par exemple en divisant les touches chromatiques, afin de distinguer les dièses et les bémols). Grâce à la remarquable quasi-équivalence entre les commas pythagoricien et syntonique, la plupart des tempéraments inventés au cours de l'histoire se chargent de repartir essentiellement le comma pythagoricien dans le cycle des quintes, mais, pour autant, l'essentiel de ces tempéraments travaillent à une plus grande justesse des tierces (dont la fausseté s'illustre par le comma syntonique) tout en gardant les quintes acceptables. La différence entre ces deux commas est le schisma, très petit intervalle de 2 cents, dont on tient parfois compte dans la réalisation de certains tempéraments au clavecin.
Exemples
Notes et références
Voir aussi
Liens externes
Bibliographie
- ↑ Rameau parle du « comma maxime »
- ↑ Modèle:Harvsp
- ↑ Modèle:Harvsp
- ↑ Modèle:Fr Frédéric Platzer, Abrégé de Musique, Ellipses, 1998, Modèle:ISBN, pages 63-65